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Marseille: una historia de Francia para contar

  • Foto del escritor: Camila Peña
    Camila Peña
  • 5 feb 2024
  • 6 min de lectura

Actualizado: 5 feb 2024


Foto tomada en el MUCEM (Museo de civilizaciones de Europa y del Mediterraneo) en Marseille.



Desde que llegué al sur de Francia quise conocer la ciudad de Marseille. Cuenta la leyenda que María Magdalena llegó a este lugar del mundo luego de la muerte de Jesús para iniciar su labor de evangelización; y yo quedé, podría decirse, hipnotizada, por esta historia de amor y pasión. A veces solo hace falta una chispa para que el fuego se prenda, y un signo de fuego me motivó a poner fecha para este viaje postergado.


Siempre que le decía a las personas que tenía ganas de conocer Marseille, la respuesta era la misma: no es lindo, es sucio, etc. Alguien me dijo “no es Francia, es una ciudad árabe”. Porque sí, hay varios franceses que son dignos seguidores de las ideas de Rassemblement National, que creen que Francia y los franceses son solo los rubios de ojos claros, el vino y el queso. Tengo la esperanza de que sean minoría, y de que abran su mente y corazón.


Marseille es la segunda ciudad más poblada de Francia después de París. Yo siempre he dicho que París es la niña linda del baile con la que todos quieren bailar, pero no todos lo logran. Pues en esa analogía Marseille vendría siendo la Cenicienta. Es una ciudad que limita con el mar mediterráneo y por esa ubicación recibe la migración proveniente mayoritariamente del Magreb (Marruecos, Argelia, Túnez, Libia), y esta migración ha hecho de esta ciudad francesa un lugar de encuentro y de multiculturalidad que tiene su propia historia del país por contar, distinta a la de París, la torre Eiffel, el Louvre, las conquistas de Napoleón, y los castillos de Luis XVI.  


Marseille respira otredad, es una ciudad que le cuenta al país que su riqueza se ha construido también gracias al despojo de otros territorios, y que el Estado de Bienestar sustentado en la división internacional del trabajo y en la dependencia económica de los países de la periferia, debe atender las necesidades de las personas que no encuentran oportunidades en sus países de origen, a causa de las prácticas coloniales que hasta el día de hoy se alimentan del debilitamiento político y económico del Magreb.


En Marseille hay un lindo barrio que quiso ser una réplica de un barrio popular de Nápoles, también para contarle al país que su apoyo militar a gobiernos fascistas auspició el exilio de italianos que llegaron a este rincón del mundo. Gobiernos fascistas que se instalaron en el poder con discursos de odio que parecen resurgir de un lugar oculto en donde estuvieron escondidos este tiempo y protegidos por la extrema derecha francesa.


Marseille no es sucia, es diferente, solo que no nos damos cuenta de que nuestra interpretación de la realidad está determinada por los significados propios que tenemos de las cosas. Al diferente, al migrante, lo llamamos sucio, pero eso no es otra cosa que la suciedad de las creencias propias.  


¿Puede la cultura de un país formarse de las culturas que subsisten de forma heterogénea en su interior? ¿Podrían los franceses del vino y el queso aceptar que el kebab también es parte de su gastronomía? ¿O que así como impusieron el francés en Argelia en los colegios franceses estaría bien que se enseñara Árabe?


Tendrían que venir a Colombia, por ejemplo, y ver como se bailan bambucos, torbellinos, salsa, vallenato y reggaetón, o como la gastronomía cambia de la costa caribe a la costa pacífica. Les haría bien saber que para nosotros es representativo de nuestra cultura el sombrero vueltiao y la ruana, aunque no es aconsejable que se utilicen juntos.  


Marseille habla de las y los franceses que abrazan, que acogen, que acompañan, que comen comida turca y que escuchan con agrado el acento francés del latino y del Indio. De los grandes intelectuales que han denunciado las atrocidades que se cometen en los centros de poder, de las feministas que le han dicho al mundo que el lugar de las mujeres en el disfrute de los derechos debe ser igualitario. En Marseille leo la experiencia de Olympe de Gouges, de De Beauvoir, de Sartre y de Piketty, y pude ver a María Magdalena.


En fin, si me piden describir Marseille, yo añado: Libertad, fraternidad, igualdad y RESISTENCIA.




VERSION EN FRANÇAIS


Marseille : une histoire française à raconter


Depuis mon arrivée dans le sud de la France, je voulais visiter la ville de Marseille. La légende raconte que Marie-Madeleine a arrivée dans cette partie du monde après la mort de Jésus pour commencer son travail d'évangélisation ; et j'ai été, pourrait-on dire, hypnotisée par cette histoire d'amour et de passion. Il suffit parfois d'une étincelle pour allumer un feu, et c'etait juste un signe de feu qui m'a incité à fixer une date pour ce voyage différé.


Chaque fois que je disais aux gens que je voulais visiter Marseille, la réponse était toujours la même : ce n'est pas beau, c'est sale, etc. Quelqu'un m'a dit "ce n'est pas la France, c'est une ville arabe". Parce que oui, il y a plusieurs Français qui sont de dignes adeptes des idées du Rassemblement National, qui croient que la France et les Français se résument à des blondes aux yeux clairs, du vin et du fromage. J'espère qu'ils sont minoritaires.


Marseille est la deuxième ville la plus peuplée de France après Paris. J'ai toujours dit que Paris est la belle du salon avec laquelle tout le monde veut danser, mais que tout le monde ne réussit pas. Dans cette analogie, Marseille serait donc la Cendrillon. Cette migration a fait de cette ville française un lieu de rencontre et de multiculturalisme qui a sa propre histoire à raconter, différente de celle de Paris, de la Tour Eiffel, du Louvre, des conquêtes napoléoniennes et des châteaux de Louis XVI.


Marseille respire l'altérité, c'est une ville qui dit au pays que sa richesse s'est aussi construite grâce au pillage d'autres territoires, et que l'État-providence, fondé sur la division internationale du travail et la dépendance économique des pays de la périphérie, doit répondre aux besoins des personnes qui ne trouvent pas d'opportunités dans leur propre pays, en raison de pratiques coloniales qui, aujourd'hui encore, se nourrissent de l'affaiblissement politique et économique du Maghreb.


À Marseille, un beau quartier a voulu être une réplique d'un quartier populaire de Naples, également pour dire au pays que son soutien militaire aux gouvernements fascistes a favorisé l'exil des Italiens venus dans ce coin du monde. Des gouvernements fascistes qui se sont installés au pouvoir avec des discours de haine qui semblent resurgir d'un endroit caché où ils ont été cachés pendant longtemps et protégés par l'extrême droite française.


Marseille n'est pas sale, elle est différente, nous ne nous rendons pas compte que notre interprétation de la réalité est déterminée par nos propres significations des choses. Nous appelons le différent, le migrant, sale, mais ce n'est rien d'autre que la saleté de nos propres croyances.


La culture d'un pays peut-elle se constituer à partir des cultures qui existent de manière hétérogène en son sein ? Les Français du vin et du fromage pourraient-ils accepter que le kebab fasse aussi partie de leur gastronomie ? Ou que, de même qu'on a imposé le français en Algérie dans les écoles françaises, il serait bon d'enseigner l'arabe ?


Ils devraient venir en Colombie, par exemple, et voir comment on danse les bambucos, les torbellinos, la salsa, le vallenato et le reggaeton, ou comment la gastronomie change de la côte caraïbe à la côte pacifique. Il serait bon qu'ils sachent que pour nous, le sombrero vueltiao et la ruana sont représentatifs de notre culture, même s'il n'est pas conseillé de les porter ensemble.


Marseille parle des Français qui embrassent, qui accueillent, qui accompagnent, qui mangent turc et qui comprennent l'accent français des latins et des indiens. Des grands intellectuels qui ont dénoncé les atrocités commises dans les centres de pouvoir, des féministes qui ont dit au monde que la place des femmes dans la jouissance des droits doit être égale à celle des hommes. À Marseille, j'ai lu Olympe de Gouges, De Beauvoir, Sartre et Piketty, et je voyais Marie-Madeleine.


Enfin, si l'on me demande de décrire Marseille, j'ajouterais : Liberté, fraternité, égalité et RESISTANCE.






 
 
 

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